Teaching Eye Surgery
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Cataracte : la liste d’attente en baisse
Category: Mauritius     Published by: stephen    on the May 27, 2018 at 1:22 pm

5 772 cas de cataracte traités en 2016 au Subramania Bharati Eye Hospital. Ce n’est pas énorme, selon le professeur Cyrus Tabatabay, ophtalmologue et président de la Teaching Eye Surgery Foundation. Cette maladie est principalement liée au vieillissement.

Si vous remarquez que votre vision est voilée, que les couleurs semblent s’être estompées, que vous êtes éblouis par la lumière du soleil ou les phares de véhicules, vous avez sûrement la cataracte. Cela est dû à l’opacification du cristallin.

Cette maladie est principalement liée au processus du vieillissement, mais la cataracte peut être le résultat d’un traumatisme ou encore la prise de certains médicaments. C’est ce qu’a expliqué le professeur Cyrus Tabatabay qui exerce en Suisse et le Dr Harsha Pathak, ophtalmologue au Subramania Bharati Eye Hospital à Moka.

Selon le Professeur Tabatabay, la cataracte est une opacification du centre de l’œil au niveau du cristallin. C’est ce qui fait que tout devient plus sombre et qu’on est ébloui par la lumière. « Il y a des changements de lunettes qui ne peuvent plus corrigée la vue et on a une vision qui baisse et qui ne peut plus être corrigée autrement que par une intervention de la cataracte », a-t-il expliqué au cours de l’émission Allô Docteur de Radio Plus.

Le professeur Cyrus Tabatabay qui exerce en Suisse et Dr Harsha Pathak, ophtalmologue au Subramania Bharati Eye Hospital au cours de l’émission Allô Docteur de Radio Plus.

L’intervention se fait en deux temps : une petite incision avec une machine à ultrason pour ronger le cristallin et, dans un deuxième temps, la fixation d’un implant qui correspond au pouvoir dioptrique, c’est-à-dire à la vision de la lentille du patient.

« Nous pouvons proposer des lentilles sur mesure. Ce qui représente une grande évolution », a affirmé le professeur Tabatabay qui vient régulièrement à Maurice pour des interventions de la cataracte mais également pour des greffes de la cornée.

La liste d’attente pour les interventions de la cataracte était de deux ans auparavant. Grâce au travail de la Teaching Eye Surgery (TES) Foundation et de l’ouverture de deux salles pour l’opération de la cataracte à l’hôpital de Souillac, le temps d’attente n’est qu’en moyenne de trois mois, a soutenu le Dr Harsha Pathak. Il y avait un bouchon avec tous les patients qui étaient centralisé à Moka. Maintenant les patients sont départagés entres les deux hôpitaux, a ajouté le professeur Tabatabay.

« La liste d’attente à Souillac est presque inexistante alors que celle de l’hôpital de Moka a fondu », a-t-il affirmé. Selon le Dr Pathak, une cinquantaine d’interventions de la cataracte sont effectuées quotidiennement, trente à Moka et vingt à Souillac.

Les signes de la cataracte sont caractérisés par une baisse de la vision qui est graduelle. On peut noter comme un voile blanc devant les yeux ou un éblouissement par la lumière. Ceux qui conduisent la nuit disent qu’ils ne peuvent regarder les phares des véhicules qui arrivent en face.

« Cela indique que la personne développe une cataracte », selon le Dr Pathak. Dans d’autres cas, les patients doivent changer leurs lunettes plusieurs fois. « Ce n’est pas que les lunettes ne sont pas bonnes. C’est la cataracte qui est en train d’évoluer », a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté que ces changements peuvent passer inaperçus. « Si on a la cataracte dans un œil, l’œil sain prend la relève, ce qui fait que la baisse de la vue peut ne pas être observée tout de suite », selon elle. Elle a aussi précisé que les yeux sont asymétriques et indépendants

« Si la cataracte est dans un œil, ce n’est pas forcément qu’on l’aura dans l’autre œil. La cataracte n’est pas contagieuse et ne se transmet pas d’un œil à l’autre. Le degré de cécité peut être différent dans chaque œil également », a-t-elle expliqué.

Dépistage

Le dépistage de la cataracte peut se faire n’importe quand. Dès qu’une personne remarque que sa vision a baissé, elle peut se présenter pour une consultation. Il est recommandé à ceux qui portent des lunettes de faire un examen annuel pour examiner leur vue. Le dépistage se fait dans chaque hôpital régional une fois par semaine.

Mais l’examen de la vue doit se faire indépendamment de l’âge dès qu’on remarque une baisse de la vision. Cependant, il est recommandé de faire un examen médical annuel de la vue pour vérifier si elle est bonne et s’il y a lieu d’avoir un traitement à partir de 40 ans.

Causes et traitements

La cataracte a plusieurs causes et est principalement liée au vieillissement. À partir de 50 à 55 ans, il faut commencer à tirer la sonnette d’alarme, car le risque est plus élevé pendant cette période. La cataracte peut apparaître chez les plus jeunes autour de 35 ans par exemple.

Cela peut être lié à d’autres facteurs comme le diabète qui accélère le risque de développer une cataracte. La prise de certains médicaments comme la cortisone sur le long terme est aussi un des facteurs à risque. Cette maladie peut aussi être une des conséquences d’un traumatisme à l’œil. Un enfant peut avoir la cataracte des suites d’une infection chez la maman durant la grossesse.

Ce n’est pas commun mais cela peut arriver. Là, la collaboration des pédiatres est importante, car ce sont eux qui recueillent les enfants en premier quand ils ont un problème de santé. Il faut aussi noter que le diabète accélère le risque de développer la cataracte. Cela concerne principalement le diabète du Type 2.

La cataracte est une cécité réversible, c’est-à-dire qu’après une intervention, la personne va retrouver sa vision. Si une personne a seulement la cataracte, elle peut retrouver sa vision normale après une intervention chirurgicale. Si la cataracte est associée au diabète, le patient peut ne pas retrouver sa vision à 100 %.

Cela parce que le diabète cause des lésions à la rétine qu’on appelle la rétinopathie diabétique et cela est irréversible. Le traitement de la cataracte est plus complexe chez les patients qui ont le diabète.

Il est à noter qu’avoir une cataracte ne signifie pas qu’on doit subir une intervention chirurgicale immédiatement. Cela dépend du pourcentage de la maladie. Dans un premier temps, des lunettes sont proposées pour corriger la cécité.

« Si on a juste un petit pourcentage de cataracte, ce n’est pas nécessaire de faire une opération. Les lunettes vont changer régulièrement. La chirurgie intervient en dernier recours quand la cataracte est arrivée à un stade avancé », a expliqué le Dr Pathak.

Après l’intervention, la vision redevient normale au bout d’un mois. Elle a aussi recommandé une bonne hygiène de vue, une bonne alimentation et des exercices physiques régulièrement et d’éviter le tabac et l’alcool. Elle a aussi conseillé l’usage de lunettes de soleil pour limiter l’exposition aux rayons UV et ainsi limiter le risque d’avoir une cataracte. Cette recommandation concerne tout le monde.

Ceux qui utilisent régulièrement les écrans lumineux (portable, ordinateur, tablette) devraient porter des lunettes anti-reflets. Il faut aussi contrôler le diabète ou les autres maladies chroniques comme l’hypertension artérielle.
C’est la méthode de phacoemulsification qui est la plus utilisée.

L’incision est très petite. Grâce à cette technique, le traitement est ambulatoire, c’est-à-dire que le patient peut rentrer chez lui le même jour après son intervention. Le cristallin opaque est remplacé par une nouvelle lentille synthétique souple. Elle est à vie et il n’y a pas de risque de rejet.

Cette chirurgie est une des plus sûres au monde et offre jusqu’à 95% de satisfaction, selon le professeur Tabatabay.